Archive for August, 2008
Aujourd’hui, parlons d’une curiosité éminemment sympathique de l’histoire du rock : les Silicon Teens. Le projet, né de l’imagination débridée de Daniel Miller - fondateur de Mute Records, le label de Depeche Mode, et compositeur/producteur de The Normal -, est inusité et loufoque sous tous ses aspects.
Le groupe fondé en 1980 était, en premier lieu, fictif : les quatre “membres” se nommaient Darryl, Jacki, Paul and Diane, mais n’existaient pas; tout était en réalité réalisé par Miller et des acteurs engagés spécialement pour l’occasion jouaient les rôles lors des entrevues. La direction musicale est également particulièrement amusante. Les Silicon Teens n’ont fait paraître qu’un seul album, Music for Parties (1980), composé en quasi-totalité de reprises new-wave de vieux tubes des années 1950 et 1960. De Chuck Berry à The Kinks, tout y passe, interprété dans un style pop synthétique minimaliste hilarant que reconnaitront instantanément les amateurs de Speak and Spell (1981), le premier album de Depeche Mode.
La sonorité très typée des synthétiseurs et autres drum machines, conjuguée à une avalanche de bruits bizarres mais rigolos en tous genres, a conduit nombre de critiques et observateurs à considérer le résultat musical comme de la pop cheesy un peu ridicule, drôle mais sans plus. Il n’en est rien : une fois le premier degré dépassé, on se rend vite compte que l’interprétation et les arrangements sont à la hauteur de la qualité musicale des compositions originales sur lesquelles ils jettent un éclairage nouveau. Le disque est excellent dans son ensemble sans aucun faux pas, et les pièces ont étonnamment bien vieilli; on se désole seulement que le projet n’ait pas eu le succès commercial et la reconnaissance qu’il mérite.
Voici donc trois extraits de cet album : Memphis Tennessee, écrite par Chuck Berry, aussi reprise par Elvis Presley; You Really Got Me, des Kinks; et Let’s Dance, écrite originalement par Chris Montez, aussi reprise par les Ramones. Le disque étant passablement difficile à trouver aujourd’hui, nous vous présenterons sans doute une ou deux autres pièces dans un avenir rapproché !
Dans la lignée des “groupes anglais intéressants mais hélas méconnus en Amérique”, Switches nous a présenté l’an dernier un album rock à découvrir: Heart Tuned to D.E.A.D. (2007). Même s’il ne réinvente rien et souffre d’un certain manque de constance, le disque propose quelques perles et hits potentiels qui ont fait le bonheur des radios anglaises. La musique de Switches s’apparente à un Franz Ferdinand qui aurait pleinement assumé et exacerbé son côté glam : on écoute, on aime, on danse et on se demande où on a bien pu oublier ce pot de eye-shadow plein de glitters… Quelques références prévisibles au brit-pop également, dont le titre de l’album (un clin d’oeil à une vielle chanson des Super Furry Animals) et des chansons de 54s comme Jennifer Gentle qui nous rappellent ce que Blur faisaient avec Bank Holiday sur Parklife (1994).
Néanmoins, l’influence dominante reste Marc Bolan et T-Rex, comme l’illustrent les deux chansons qu’on vous propose aujourd’hui. Lay Down the Law a été le premier single du groupe : la chanson a paru en 2006 dans un tirage limité (500 copies seulement), mais a attiré l’attention sur le quatuor et lui a permis d’obtenir un contrat pour son premier disque. La pièce a été hélas réenregistrée différement et la version qui figure l’album est nettement inférieure : plus léchée, elle perd beaucoup de l’énérgie brute de l’original (disponible ici !). Alors que Lay Down the Law représente plus le côté pop du groupe, Drama Queen (deuxième single), est définitivement glam, tant par le texte que par les riffs de guitare survoltés.
Disponible seulement en importation pendant plus d’un an, l’album de Switches est enfin disponible au Canada depuis cette année.


