Archive for January, 2009
La tradition semble désormais bien établie: chaque fois qu’un groupe rock-pop-indie (rayez la mention inutile) voit le jour sous le ciel brumeux de la Grande-Bretagne, les comparaisons avec les chantres du “nouveau rock” pleuvent. Qui plus est, ces comparaisons, envahissantes et handicapantes, se font toujours au détriment des nouveaux venus qui se voient illico reprocher de ne pas avoir réalisé leur disque cinq ans plus tôt ! Trêve de débats inutiles: contrairement à la majorité des journalistes musicaux, les auteurs de ce blogue ne croient pas que l’essence du rock britannique date de la naissance de Franz Ferdinand. Car si la flamboyance du quintette écossais peut parfois faire du tort à ses voisins, elle n’en réduit pas leur pertinence pour autant…
Ainsi, saluons bien bas la venue de The Courteeners. Formé en 2006 au sein de la toujours prolifique ville de Manchester, le groupe a fait paraître son premier album St. Jude en avril dernier. C’est seulement maintenant que ce disque fort bien reçu traverse l’Atlantique. Pour notre plus grand bonheur, la musique des Courteeners reprend à peu près tout ce que l’on aime dans la très longue lignée qu’échafaude la pop anglaise depuis les années 1960. Bien sûr, les influences pleuvent, se répondent et se juxtaposent : dans le chant légèrement rauque et agressif de Liam Fray, l’on peut entrevoir les belles années du punk; dans la flamboyance des orchestrations se dessine le brit pop à tendance glam cher à Pulp; la préciosité des mélodies évoque sans vergogne Belle et Sebastian… quant à la mélancolie douce qui se dégage de l’ensemble, elle est sans conteste héritée des grands frères les Smiths. Le roi Morrissey lui-même aurait d’ailleurs officiellement adoubé The Courteeners, d’abord en interprétant leur single What took you so long ? puis en les invitant sur scène pour sa prochaine tournée nord-américaine.
Bref, du terrain connu mais du bonbon. Les trois titres choisis sont évidemment tirés de St. Jude, premier effort qui devrait d’ailleurs avoir un successeur au cours de la prochaine année. Si Cavorting fut le premier single du groupe en 2007, What took you so long ? fut celui qui obtint le plus grand succès au palmarès anglais. La troisième chanson Please don’t est quant à elle un véritable coup de coeur, un petit bijou de nostalgie ensoleillée particulièrement réussi… et si profondément anglais.
Nous vous avions parlé de Jeans Team et de leur pop électronique jouissive lors de leur passage à Montréal en novembre dernier : nous avons non seulement assisté à un excellent concert, mais avons de plus pu mettre la main sur un CD promotionnel particulièrement intéressant et dont nous vous présentons aujourd’hui deux extraits. Le disque reproduit presque intégralement la setlist du concert, mais l’intérêt vient surtout du fait que toutes les chansons sont présentées dans des versions inédites, conformes aux arrangements live beaucoup plus énergiques et dansants.
Dans la plupart des cas, la différence est sidérante avec les versions originales des albums qui emploient d’avantage d’instruments acoustiques et une section rythmique moins présente. Pour certaines chansons comme Waffenladen Silber/Gold, la version d’une minute qu’on retrouvait sur Ding Dong (2000) ne semble rétrospectivement constituer qu’un démo inachevé à la lumière des cinq minutes hautement structurées et puissantes que nous livre Jeans Team aujourd’hui. Le changement de rythme et de caractère au milieu de la chanson et le glissando qui prépare le retour du thème original sont d’ailleurs ici une vraie trouvaille, irrésistible à chaque écoute.
En plus de toutes ces reprises, le disque contient également une toute nouvelle chanson, CocktailStänder. Jeans Team tranche ici avec les mélodies amusantes auxquelles le groupe nous a habitués au profit d’une basse lancinante assez hard qui n’est pas sans rappeler le travail de leur compatriote berlinois T. Raumshmiere. CocktailStänder est ainsi une chanson hautement énergique et bien composée, où le travail sur tous les petits bruits ambiants mérite attention, tout comme le dialogue entre les voix de Franz Schütte et Reimo Herfort, particulièrement réussi.
Après des dizaines et des dizaines d’années de refrains accrocheurs, de riffs assassins et de chants mélodieux, il faut bien se rendre à l’évidence: la magie de la pop, les scandinaves l’ont dans le sang. De la grande époque du disco 70 avec Abba à celle du dance 90 avec Aqua, les hits venus de l’Europe du nord s’additionnent à la chaîne, affichant sans relâche un savoir-faire impeccable… additionné d’une bonne dose de sucre. Mais ne boudons pas notre plaisir: si cette pop venue du froid revendique un entrain et une démarche artistique accrocheuse souvent à la limite du mauvais goût, il est généralement impossible de rester de glace face à l’efficacité de ses mélodies.
C’est tout à fait dans cette lignée que l’on retrouve un groupe demeurant encore peu connu en Amérique du nord malgré trois albums à leur actif : Melody Club. Venue de Suède et formée en 2000, cette formation propose un son irrésistible d’une qualité impressionnante. Aussi disco que synthétique, leur musique semble écrite pour provoquer chez l’auditeur une addiction quasi incurable… Rythmes imparables, paroles simples ponctuées de oh yeah, envolées de synthétiseurs et esthétique androgyno-glam : voici une recette à haute teneur en frivolité qui réussit l’exploit de transcender le manvais goût par la qualité de sa production et de son écriture. Voici sans contredit la vraie pop dans toute sa splendeur, colorée à l’extrême, tonitruante et rafraîchissante.
Melody Club étant une véritable usine à hits, faire un choix parmi leurs titres s’avère difficile; nous vous présentons cependant trois chansons particulièrement séduisantes. Palace Station (single initial du groupe) et Electric sont tirés du premier album Music Machine, paru en 2002. Fever Fever, titre à la production encore plus calibrée “grand public”, nous vient quant à lui du troisième disque Scream (2006). Et ce n’est pas fini: le site internet officiel indique en effet que le groupe enregistre actuellement son quatrième album. En attendant, voici ces quelques sucreries et bonne année 2009 !


