Archive for February, 2009
Les Black Lips, nouveaux enfants chéris de la scène rock/garage, sont de retour avec un cinquième album qui sera disponible dès mardi prochain (24 février). Intitulé 200 Million Thousand, ce nouvel effort permet au groupe de nous servir quatorze autres chansons dans le plus pur esprit rock’n'roll auquel il nous avait habitués. Ne changeant rien à une formule qui a fait le succès de Good Bad Not Evil il y a deux ans, les Black Lips persistent et signent avec leurs guitares distortionnées et la voix éraillée du chanteur Cole Alexander; la production seule semble avoir changé en s’améliorant quelque peu, mais le tout conserve ce caractère lo-fi qui faisait son charme.
Bien que ce nouvel album ressemble beaucoup aux précédents au niveau de la composition, les chansons courtes et énergiques alternent davantage cette fois avec des pièces plus lentes aux allures de ballades. Il en résulte une impression générale un peu plus mélancolique, aux influences soul, qui peut être vue comme une évolution par rapport à l’agressivité plus brute de leurs premiers disques : Trapped In A Basement, une des chansons marquantes, doit ainsi beaucoup à I Put A Spell On You de Screamin’ Jay Hawkins. Nous vous proposons aussi Short Fuse, un premier extrait sans surprises, de même que Drugs, chanson très sympathique et qui a plus qu’un air de parenté avec Hot Patootie qu’interprétait Meat Loaf dans le Rocky Horror Picture Show.
L’une des meilleures découvertes de la scène rock underground de 2008 fut sans conteste les Crystal Stilts. Initialement formé en 2003, ce groupe de New York a tout d’abord fait paraître deux EPs avant son premier album, le bien nommé Alight Of Night (2008). Ce disque, très bien accueilli par la critique, se retrouva sur de nombreux “tops de l’année”. On comprend pourquoi: une fois appréciée, la musique enveloppante des Crystal Stilts est difficile à délaisser.
Aussi atmosphérique que pop, Alight Of Night distille des ambiances mélancoliques et tendues rappelant immédiatement à notre mémoire les grands noms du cold-wave : Joy Division bien sûr, mais aussi le The Cure de la première époque et Magazine. Les Crystal Stilts reprennent ainsi les basses hypnotiques et des claviers pleins de nuages qui ont fait la gloire de cette époque. Ils reprennent aussi parfois une certaine urgence agressive propre au post-punk, mais toujours tempérée par la langueur et le spleen. L’album est ainsi composé de mélopées glauques et langoureuses mais aussi de perles tranquillement pop faisant parfois la part belle à une utilisation inspirée de la distorsion. Au-dessus de ces multiples masses mélodique brille la voix du chanteur Brad Hargett, lointaine et voilée, à la manière du Jim Reid de Jesus and Mary Chain.
Toutes ces influences prestigieuses paraissent toutefois parfaitement digérées par le groupe, dont la musique s’élève toujours au-dessus du pastiche. Les trois chansons choisies représentent bien les différentes facettes du premier effort des Crystal Stilts : d’une noirceur atmosphérique avec Graveyard Orbit, énergiques avec le rythme lancinant de la chanson éponyme Crystal Stilts, et enfin délicats et raffinés avec la plus pop Prismatic Room.
En cette journée de Saint-Valentin, Blackout vous a concoté une petite sélection de chansons en mode “amour”, généralement optimistes ou du moins lyriques. Nous avons allégrement pioché dans nos bibliothèques musicales pour choisir un titre par décennie depuis les années 1960.
Le tout commence avec The Turtles et la pétillante Elenore (1968), un exemple typique de la chansonette sixties empruntant son titre au prénom d’une demoiselle et au refrain débordant d’enthousiasme (et de wouaouuuuuus…).
Nous pous présentons ensuite la méconnue Helden, version allemande de la célèbre Heroes, évidemment toujours chantée par David Bowie. N’oublions pas que cette déchirante complainte de l’amour impossible fut grandement inspirée par la ville de Berlin elle-même, encore divisée en 1977 par un fameux Mur.
Suivent The Smiths, fiers représentants de la pop indie des années 1980, et There’s A Light That Never Goes Out (1986), une pièce mi-figue, mi-raisin, empreinte de cette mélancolie éternelle qui est devenue leur marque de commerce.
Plus près de nous et fiers descendants des précédents, les Magnetic Fields de l’homme-orchestre Stephin Merritt proposaient en 1999 un triple album concept entièrement dédié au thème de l’amour, le bien nommé 69 Love Songs. Absolutely Cuckoo ouvre l’ensemble qui se caractérise par une joie de vivre communicative et un éclectisme assumé.
Enfin, nous terminons avec une découverte récente : le trio de Brooklyn Chairlift et leur succès Bruises (2008), qui prouve bien que parfois l’amour peut faire “mal”, tout en restant adorable. Bisous!

Il existe, depuis la fin des années 1960, une tradition ininterrompue de musique rock à tendance punk qui a conservé intactes ses racines rythm’n'blues. De l’époque mythique du Velvet Underground aux beaux jours du punk new-yorkais et Television, ou même au sein d’incarnations plus contemporaines comme les Black Lips, le mouvement n’a cessé de faire hocher des têtes et battre des pieds en rythme, jeans moulants délavés et bottes en cuir à l’appui. Quelque part au milieu de cette généalogie se retrouvent The Gories, un groupe américain de Detroit en activité de 1986 à 1992. Bien qu’ils n’aient sorti que trois albums (et plusieurs singles, EPs, demos, etc.) avant leur séparation, les membres du groupe auront une influence persistante sur la scène dite “garage” au sein de plusieurs formations subséquentes, dont la plus notable reste peut-être The Dirtbombs, dirigée par le chanteur Mick Collins.
The Gories nous proposent une musique intemporelle qui sonne comme si elle avait été enregistrée en 1972, à la structure simple et classique, guitare, basse, batterie et progressions harmoniques blues. L’interprétation, qui devient alors hautement importante, est heureusement ici source d’une énergie fort communicative. Difficile de faire un choix dans l’abondance de matériel disponible, mais voici tout de même trois chansons assez représentatives tirées de leur album I Know You Fine, But How You Doin’ (1990) : Nitroglycerine (premier 7″ du groupe), Thunderbird Esq. et la chanson titre de ce post – Hey Hey, We’re The Gories.


