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Archive for October, 2011

Scientélectrologie

October 13th, 2011

Georges Dimitrov

Groupe fétiche de la scène alternative montréalaise, Duchess Says est de retour cette semaine sur disque avec In a Fung DAY T!, publié chez Alien8Records. Curiosité-évènement, cette sortie intrigue, le caractère déjanté du groupe n’y étant pas pour peu de chose. Trois ans après Anthologie des trois perchoirs, que nous proposent donc Annie-Claude Deschênes et sa bande, alors que la vague électro-punk s’est internationalement quelque peu essouflée ?

La réponse à cette question, en dix chansons, offre un spectre musical qui s’est plutôt assagi en présentant peut-être plus de maturité et une écriture plus contrôlée. Ce commentaire ne se veut pas nécessairement un reproche : le quatuor ne semble pas avoir échappé à l’influence croissante que la période 1979-1983 semble opérer sur la musique actuelle, et le style migre du “punk“ vers le “post-“. Les tempos se font souvent plus lents et les synthétiseurs, omniprésents – parfois avec bonheur (la séquence de basse de L’Ordre des secteurs ou la dernière minute épique de Time To Reiterate), parfois moins (Narcisse). Tubeway Army, Devo et Gang Of Four se révèlent ainsi comme des références évidentes ou, pour les connaisseurs, Gorilla Aktiv ou Palais Schaumburg.

Les pistes sont plus ressérées et s’offrent toutes dans un format de “chansons” traditionnel. Exit donc les éxpérimenations/jams sans structure claire qui jalonnaient le premier opus, de même que la majorité des hurlements désordonnés. Nous saluons ici cette évolution positive, bien que la palette sonore aurait pu être davantage renouvelée : les traitements sur la basse, les synthétiseurs et la voix oeuvrent en effet dans un registre efficace mais limité. Moins agressif et donc plus accessible, l’album offre son palmarès de pistes dansantes et accrocheuses, L’Ordre des secteurs trônant au sommet suivie de près par Antepoc ou la très gothique Substraction of Obedience. Une touche de glam transpire même à travers les accords martelés de Time to Reiterate de même que l’excellente Main District. La sauce se gâte hélàs un brin sur les trois “ballades” du disque : n’est pas Iggy Pop ou Nirvana qui veut, et Gainsbourg (un titre qui aurait pu être mieux employé), S.O.H… et Yellow Pillow tombent un peu à plat. L’énergie semblant toujours être le registre où Duchess Says est le plus à l’aise, l’émotion sera, elle, peut-être au rendez-vous dans trois autres années.

Duchess Says avec Le Monde Dans le Feu
Spectacle-lancement le 13 octobre au Club Soda (1225 Boul. St-Laurent), 15$

Théâtre des lumières

October 6th, 2011

Georges Dimitrov / Zoé Starchild

Nous avons le plaisir de vous annoncer une nouvelle parution pour Wierd Records, le deuxième album d’un groupe que nous connaissons bien et que nous avons déjà accompagné en musique lors de leur dernier passage à Montréal : Xeno & Oaklander. Sets & Lights sort officiellement le 11 octrobre prochain, et fait l’objet de notre premier article du mois.

Bien que jouant dans les plates-bandes habituelles du compositeur Sean McBride (aussi connu sous le nom de Martial Canterel), le disque apparait immédiatement avoir une beaucoup plus grande cohésion que son prédécesseur, Sentinelle. Des mélodies accrocheuses se déploient au-dessus d’un enregistrement qui délaisse quelque peu les ambiances par trop éthérées, parfois un peu moroses et monotones. Le couple McBride/Wendelbo ayant mis la pédale douce sur la réverbération mur à mur, il se dégage du disque un rythme pop plus soutenu, ce qui en fait leur oeuvre la plus accessible. Leur collaboration fait d’ailleurs montre d’une belle variété, les chansons en duo côtoyant des interprétations solo ainsi que des pistes instrumentales.

Les titres de Sets & Lights affichent une saveur très vintage, qui ne s’explique pas seulement par l’emploi d’équipements et de techniques d’enregistrement d’époque, mais aussi et surtout par l’écriture et de la composition. Un souffle épique estampillé new-wave fait clairement songer au romantisme allemand d’un groupe comme Alphaville, notamment grace aux accords de synthétiseur lumineux et autres arpégiateurs de circonstance. La chanson titre en ouverture est entêtante comme il se doit, succès de dancefloor aux paroles bien gothiques (“And slash their arms, and slash their eyes…”). Une piste expérimentale curieusement située juste après fait place à deux autres chansons hautement énergiques aux basses robotiques, Years Before (que nous vous offrons en écoute en primeur) et Corrupt. Le disque présente bien un passage à vide dans son milieu – nous sommes clairement moins emballés par les influences italo-disco - mais que cela ne vous empêche pas de perséverer afin d’atteindre les trois dernières pistes qui valent le “coup d’oreille”. Desert Rose et Open Walls (en écoute ici et en téléchargement sur The Fader) apportent ainsi en conclusion une jolie touche mélancholique.

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Xeno & Oaklander – Years Before

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Xeno & Oaklander – Open Walls

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