Le continent noir de Wall Of Voodoo
La new wave a parfois engendré de bien étranges enfants… La perception de l’œuvre de Wall Of Voodoo se limite ainsi généralement à la célèbre Mexican Radio, chanson à succès qui apparait régulièrement sur les compilations dédiées aux années 1980. Contrairement à la grande majorité des artistes new wave de l’époque, les membres de Wall Of Voodoo ne sont pas britanniques mais bien américains. Leur carrière fut courte et particulièrement chaotique, marquée par les problèmes relationnels et l’abus de substances illicites. De ce fait la musique, particulièrement éclectique et à mille lieues de la pop commerciale, ne quitta jamais réellement les milieux de l’underground… pour le plus grand bonheur des amateurs de curiosités dont nous faisons évidemment partie.
Fondé à Los Angeles à la toute fin des années 1970, le groupe lança un premier EP en 1980, enregistrement éponyme remarqué pour son cover iconoclaste du fameux Ring of Fire de Johnny Cash. Sous la plume de Wall Of Voodoo, ce standard du country se transformait en effet en une mélopée gothique et atmosphérique, noyée sous une pluie glacée de synthétiseurs lugubres et surplombée par la voix sépulcrale du chanteur Stan Ridgway.
Le premier album complet du groupe, le bien nommé Dark Continent, vit le jour l’année suivante. Écouter ce disque aujourd’hui, c’est redécouvrir une new wave qui n’a pas vieilli d’une ride. Débarrassé de tous les oripeaux ringards qui, si souvent, font sonner les enregistrements de cette époque comme horriblement datés, le son de Wall Of Voodoo se révèle tout particulier, fondamentalement audacieux et original. Malgré la présence indéniable de composantes classiques de la new wave telles qu’une basse hypnotique ou une batterie robotiquement rythmée, cette musique possède un je-ne-sais-quoi d’étrange et d’iconoclaste. L’utilisation expressive des possibilités du synthétiseur force l’admiration, tout comme la théâtralité extrême de l’instrumentation et du traitement de la voix, toujours résolument du côté dark.
Après la parution de leur deuxième album Call of the West (1983), qui incluait leur plus grand succès radiophonique Mexican Radio, le groupe alterna séparations et enregistrements impromptus qui ne trouvèrent jamais réellement leur public. Pour l’amateur d’aujourd’hui, l’exhumation de la musique Wall Of Voodoo constitue un plaisir étrange et particulièrement enthousiasmant. En voici donc une petite sélection, principalement tirée de l’excellent Dark Continent.




Quiconque effectue quelques pérégrinations piétonnes dans East Village ne peut manquer St Mark’s Place. Cette rue fourmillante d’activités et de cafés “open allways” affiche par ailleurs une boutique légendaire, qui continue année après année à affirmer haut et fort son appartenance à la tribu rock : la bien nommée Trash and Vaudeville. En bas, vêtements de créateur, T-shirts vintage et immense choix de chaussures; en haut, tous les basiques pour votre panoplie rock, goth, ska, punk ou rockabilly… Le personnel, qui a l’air en service depuis 1972, est pittoresque et serviable, et les skinny jeans sont disponibles dans toutes les couleurs et avec tous les motifs dont vous pouvez rêver ! Tous ces éléments font de la boutique un incontournable du quartier, avec un amour affiché pour le rock rétro 1970 à la new-yorkaise. Dans cet esprit, la soundtrack idéale de Trash and Vaudeville serait sans aucun doute du Television. Ce groupe culte, fondé en 1973, fait partie de cette scène underground
(Ramones, Patti Smith, Blondie, New York Dolls) qui engendra aussi bien le punk que le new wave. Cependant, à la différence de certains dont la technique frôlait l’amateurisme, les membres de Television affichaient des références “arty” qui firent de leurs albums Marquee Moon (1977) et Adventure (1978) des classiques. Un son typiquement New York qui continue, et continuera encore longtemps, à faire des petits. Rock on!
Passer quelques jours à New York et s’imprégner de l’atmosphère bouillonnante caractéristique de cette ville est forcément inspirant… Pas de réelle primeur ici, seulement quelques petites méditations et découvertes liées à un récent séjour au sein de la “Big Apple”.

