Paillettes à froid
Continuons sur la lancée de notre post précédent avec quelques reprises illustrant l’importance qu’ont eue les artistes glam dans le développement des mouvements post-punk, cold wave et gothique au tournant de la décennie 1980. Que ce soit en vinyles ou en affiches, Marc Bolan, Bryan Ferry, David Bowie et consorts ont abondamment nourri l’imaginaire de la nouvelle génération : si les moyens d’expression choisis différaient, l’énergie rock brute héritée du punk demeurait la même.
Des trois groupes que nous vous présentons aujourd’hui, Absolute Body Control ont sans doute adopté la démarche la plus radicale avec leur Baby’s On Fire (1981) glacée et électronique. Tirée de leur premier album éponyme, la chanson évacue toute la langueur des inflexions de Brian Eno au sein d’un cynisme robotique. Le pionnier de la cold wave française Charles De Goal nous présente quant à lui sur son album Algorythmes (1980) une Hang On To Yourself où la distorsion des guitares de Bowie laisse place à un son sec et cru façon The Cure 1979. Le groupe Bauhaus enfin, qui se passe de présentation, est passé maître dans l’art des reprises avec notamment la célèbre Ziggy Stardust. Nous préférons toutefois vous offrir aujourd’hui la moins usée Telegram Sam, où la bande de Peter Murphy s’attaque à T. Rex de manière encore plus théâtrale, si possible.
Attention, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de s’acheter un nouvel album de Bauhaus! 25 ans après Burning From the Inside, le quatuor britannique au grand complet nous livre un dernier (nous dit-on) disque studio. Et dès une première écoute, on sent que la magie opère instantanément : la voix lancinante de Murphy, la guitare sale de Ash, les rythmes hypnotiques de Haskins… tout y est. Aucun renouveau, critiqueront sans doute certains, mais ô combien de groupes d’antan se sont cassés les dents lors d’un come-back réactualisé au gout du jour? On les préfère comme ils sont, bruts, rock. Évitant également le piège de l’auto-pastiche, Bauhaus nous livrent avec Go Away White un album d’une grande qualité où les chansons sombres et atmosphériques dominent. En voici un extrait, dont le seul titre est déjà évocateur : Endless Summer of The Damned.



