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The Faint : fasciinaant

Difficile pour un spectateur d’espérer une meilleure performance que celle livrée par The Faint hier soir à Montréal au “Théâtre Télus”. Le groupe américain, qui se produisait dans le cadre d’une tournée conjointe avec Ladytron, a en effet présenté un concert électrique à la hauteur de sa réputation : presque aucun temps mort à signaler au sein d’une sélection musicale généreuse et remarquablement bien balancée entre les différents albums. Leur dernière parution, Fasciinatiion (2008), était évidemment bien représentée par ses principaux titres The Geeks Were Right, Psycho, Get Seduced et autres Mirror Error : le disque était cependant loin d’être le focus de la soirée et The Faint ont allègrement puisé dans leur répertoire en alignant avec subtilité grands succès et chansons plus obscures.

Call Call et une version actualisée de Worked Up So Sexual (plus sombre que l’originale) ont comblé les fans de la première heure. L’excellent deuxième album Danse Macabre (2003) a permis à la foule de se déchaîner sur Glass Dance et Agenda Suicide (en finale grandiose) en plus de nous fournir la surprenante The Conductor. Wet From Birth (2004) a également donné lieu à une sélection éclectique allant de la ballade quasi-métal (Birth) au hymne disco-punk (une Paranoiattack scandée par la foule), en passant par plusieurs succès comme I Dissapear. Notons au passage la volonté (justement récompensée) du groupe déjouer toute la musique live, remplaçant sans peine le violoncelle sur Desperate Guys ou Southern Belles In London Sing par des lignes de synthétiseur envoûtantes.

the-faint-live-1-300x230Cette sélection musicale sans faute ne serait évidemment rien sans une présence scénique incroyable de la part du groupe entier : la scène semblait notamment trop petite pour l’énergie du chanteur Todd Fink et les déhanchements du clavièriste Jacob Thiele. De très belles projections artistiques venaient en outre compléter un visuel marqué par des éclairages efficaces (sans être aussi désagréablement éblouissants que ceux de Ladytron en deuxième partie). La présence de ce deuxième groupe est justement un des seuls bémols qu’on pourrait apporter à ce concert, avec peut-être le choix discutable de la salle. Si l’ingénieur du son de The Faint réussit à rescaper quelque peu l”acoustique épouvantable du Théâtre Telus, la musique de Ladytron fut réduite à une agression auditive composée de basses fréquences montées à des volumes difficilement supportables et des aigus cinglants. Une performance scénique peu inspirée de la part du groupe, des fausses notes à profusion pour les chanteuses et un clone de Mickey Rourke dans le rôle d’un batteur qui défonçait aveuglement sa batterie comme s’il était dans un concert de Def Leppard en 1988 viennent compléter le tableau d’un spectacle parfaitement oubliable.

Pour finir, voici une curiosité à propos de The Faint : saviez-vous que la musique de la très belle Southern Belles In London Sing n’est pas complètement originale ? Elle est reprise d’une chanson du groupe new wave B-Movie intitulée Remembrance Day. Cette pièce est tirée de leur unique album, Forever Running (1984), malheureusement plutôt décevent en dehors de cette chanson et du single à succès Nowhere Girl. Nous vous proposons aujourd’hui les deux pistes côte à côte pour votre plus grand plaisir.

Back to haunt us…

Un nouvel album (Velocifero) de Ladytron s’en vient dès le 3 juin dans un magasin près de chez vous, et le groupe aussi d’ailleurs, en concert à Montréal le 2 juillet au Métropolis dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal. Pour nous appâter, le groupe a sorti la semaine dernière un premier extrait, intitulé Ghosts. Verdict mitigé : la chanson est un peu ordinaire et ressemble beaucoup (trop?) au matériel présent sur leur dernier album; on y cherche en vain toutefois une étincelle, un éclair d’inspiration pour nous séduire. Espérons que le reste de l’album sera davantage à la hauteur de la qualité à laquelle le groupe nous a habitués jusqu’à présent.

Re-punk.

Électro-punk ? Ne cherchez pas plus loin : past meets future, Ladytron ont effectué un remix de Natural’s Not in It du groupe culte post-punk Gang Of Four. Le Ladytron Remodel fait partie d’une série de remixes effectués par divers groupes actuels (Hot Hot Heat, Yeah Yeah Yeahs…) pour la sortie en 2005 d’une compilation des meilleurs succès de Gang Of Four, Return the Gift. C’est de loin la meilleure version du lot, étant autant 1979 que 2005 : Ladytron ont réussi à apposer leur couleur propre à la célèbre chanson à travers un riff de synthétiseur lancinant, tout en conservant toute l’énergie brute de l’original.