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Mélancolie, quand tu nous reviens

October 26th, 2008

Georges Dimitrov

On se souvient du groupe The Organ, qui nous était soudainement apparu en 2004 avec l’envoutant album Grab That Gun. On se souvient de l’impression que nous ont laissée leurs chansons à la douce mélancolie évocatrice. On se souvient de leurs performances touchantes à Montréal, quand par deux fois, dans deux festivals, le public a exigé un rappel toutes lumières ouvertes et musique d’ambiance rallumée, jusqu’à ce que les organisateurs n’aient d’autre choix que de faire revenir le quintette sur scène. On se souvient aussi, hélas, de la nouvelle de la dissolution du groupe en 2006, qui nous laissait avec ce seul premier disque, esquisse sans suite.

La sortie d’un nouvel EP cet automne constitue donc une surprise de taille pour les nombreux admirateurs du groupe et de leur rock rétro qui nous rappelle l’ambiance nostalgique et l’univers sonore des Smiths. La nouvelle est douce-amère, toutefois : Thieves (2008) n’est pas l’annonce d’une réunion des cinq filles de Vancouver, mais plutôt un dernier adieu posthume. Les six chansons qui y figurent sont des ébauches écrites pour un second album, abandonnées lors de leur séparation puis revisitées en 2007 pour en effectuer l’enregistrement.

Sur le plan musical, Thieves ne deçoit pas et se présente comme une continuation parfaite de Grab That Gun. Les chansons de cet EP contiennent toute la charge émotive et le lyrisme mélodique des meilleures pistes du premier album; on y retrouve cette même sobriété dans les arrangements, ces notes de guitare perdues dans le brouillard et, bien entendu, ces nappes d’orgue en arrière-plan. Let the Bells Ring, qui peut être considérée comme le single du lot – vidéoclip à l’appui -, ressemble à s’y méprendre aux Love, Love, Love, I Am Not Surprised et autres Memorize the City qui constituaient les hits énergiques de la première heure. D’autres chansons parviennent d’avantage à surprendre comme Fire in the Ocean, très courte avec son son plus brut et sa batterie syncopée presque martiale; Don’t be Angry impressionne également et constitue une des rares authentiques ballades que le groupe ait enregistré : la voix de Katie Sketch s’y déploie magnifiquement sur un accompagnement très sobre dominé par une guitare acoustique, pour un résultat très touchant. On ne peut que vous recommender d’acquérir rapidement l’ensemble de ce dernier témoignage dont la quantité sera surement limitée.