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L’Amour, c’est magique

Comme vous le savez déjà (et vous ne pouvez y échapper), c’est aujourd’hui la Saint-Valentin ! La fête des amoureux nous revient une fois de plus avec son lot de guimauve musicale sucrée, mais – ô joie – BlackoutMusique.com est là pour vous faire chanter l’amour de manière rigolote et décalée. Notre post de l’an dernier survolait les décennies avec cinq jolies chansons; nous prenons cette fois-ci le thème à contre-pied avec quatre titres burlesques dignes des planchers de danse de Cold War Nightlife.

Débutons avec notre duo germanique préféré D.A.F., qui nous offrent avec Liebe auf den ersten Blick (“L’Amour au premier regard”) un de ces morceaux dont ils ont le secret : rythme ultra-répétitif mais hautement contagieux, paroles simplissimes (“Küss mich, Küss mich, Küss küss mich…“) et avant tout une bonne dose d’érotisme queer.

Ensuite, l’un de nos plus grands classiques : toujours sur Kimono My House (1974), les inénarrables Sparks se fendent d’un hymne à l’auto-appréciation grandiloquente. Falling In Love With Myself Again, ce sont trois minutes de splendeur débordant d’enthousiasme. Aussi glam que d’habitude et encore plus intensément théâtraux si possible, les frères Mael s’en donnent à cÅ“ur joie dans les ruptures de rythme expressives à grands renforts d’orgue et de cymbales.

Pour terminer, deux artistes français des années 1980 qui transcendent le quétaine en kitsch. Avec des textes confondants de mièvrerie légère, le crooner pop-punk belge ( ! ) Plastic Bertrand et le duo français Comix apprennent à nos oreilles ébahies que “On vit pas Sans amour” et que “L’Amour gratuit, non ça n’a pas de prix”. Comment aussi rester de glace face à la musique dont le ton burlesque ne cède en rien à celui du texte : le solo de synthétiseur central de Sans amour vaut à lui seul son pesant d’or ! Parce que l’amour, c’est aussi avec le sourire…

Blackout fête Noël

Les Fêtes 2009 seront rock ou ne seront pas, vous promet-on avec notre soirée Cold War Nightlife qui se tiendra ce dimanche 27 décembre ! Comme d’habitude, attendez-vous à une ambiance musicale de choix avec notre mélange traditionnel de cold wave, post-punk et glam rock, avec quelques concessions ici et là à l’esprit des Fêtes. Profitons-en pour vous souhaiter un joyeux Noël en musique, gracieuseté de BlackoutMusique.com.

De notre grand dandy préféré de la chanson française sixties, Jacques Dutronc, nous avons tout d’abord un titre absurde et rigolo avec La Fille du Père Noël. Comme à son habitude, le chanteur aligne les rimes loufoques et un esprit irrévérencieux caractéristiques, servis par un rythm’n'blues chaloupé, langoureux comme il se doit.

Une dizaine d’années plus tard, les Sparks nous gratifient d’une autre épopée lyrique dont ils ont le secret. Thank God It’s Not Christmas – tirée encore une fois de leur classique Kimono My House (1974) – permet à Russell Mael d’aligner une fois de plus des notes quasi-impossibles. Glam rock progressif et symphonique avec  multiples changements de tempo au rendez-vous.

Le punk français des années 1980 et sans contredit celui de Bérurier Noir. Le groupe nous le confirme sur son EP de 1985, Joyeux merdier, qui contient les célèbres Vive le feu et Salut à toi, mais aussi une curiosité comme La Mère Noël. Dans un esprit joyeusement révolutionnaire, on nous propose ici de la “faire cuire dans la cheminée” au son de boîtes à rythmes et guitares distortionnées.

Terminons sur une note encore plus légère si possible avec une rareté d’un des plus grands pourvoyeurs de bruitages synthétiques hilarants, Telex. Le groupe new wave français nous offre Cloches et sifflets, un b-side obscur qui, s’il ne traite pas explicitement de Noël, en représente parfaitement l’esprit festif, instrumentation scintillante à l’appui. Bonne et joyeuse écoute !

Cold War Nightlife
Dimanche 27 décembre à partir de 21h30 au Salon Officiel (351 Roy E. à Montréal).
Aux platines : DJ Starchild, DJ Transmission + Xavier Paradis (Automelodi).

Cold War Glam Life

ColdWarFlyer03Notre soirée Cold War Nightlife au Salon Officiel en est maintenant à sa troisième édition. Pour poursuivre la tradition du post pré-dancefloor, nous avons décidé de vous offrir une nouvelle sélection de titres disparates mais ô combien sympathiques. Cette fois-ci, place au côté glam se l’événement avec trois morceaux pailletés.

Pour commencer, revoici les New York Dolls. La performance électrisante du groupe lors de leur concert à Montréal le 29 juin dernier nous a fait replonger dans leur matériel des années 1970. Les plus grands succès de l’époque ne se trouvent peut-être pas sur le deuxième album Too Much Too Soon (1974), mais celui-ci renferme cependant des perles telles que la bizarroïde Stranded In The Jungle, joyeuse chanson ultra-léchée parsemée de détails sonores irrésistibles.

Nous nous sommes également repenchés sur les Sparks et leur pop étincellante. En 1982, les frères Mael font paraître leur onzième album (!), l’excellent Angst In My Pants, toujours aussi recherché et théâtral. Si l’oeuvre entière mérite sans contredit l’attention, nous retenons cependant la chanson-titre, aussi rythmée que langoureuse.

­­Terminons avec une petite curiosité glam/post-punk de la formation américaine Los Reactors. En activité de 1980 à 1983, le groupe fut parait-il très prolifique au niveau de la composition, faisant le bonheur de milliers de collégiens en manque de rock. De ce culte célébré au sein de petites salles de spectacle miteuses ne restent hélas que deux singles officiellement enregistrés : nous vous offrons ici le deuxième, Be A Zombie (1981), dont les riffs d’orgue déjantés à la The Damned sauront sûrement vous régaler.

Cold War Nightlife
Dimanche 19 juillet à partir de 21h30 au Salon Officiel (351 Roy à Montréal).
Aux platines : DJ Starchild, DJ Transmission + Xavier Paradis (Automelodi).

Étincelles glam

p16497g4k17Nous vous mentionnions dans notre précédent post le groupe créateur de la chanson Sherlock Holmes, à savoir les Sparks. Dans le monde merveilleusement flamboyant de la musique tendance glitter, ces derniers apparaissent parfois un peu dans l’ombre face aux imposants T. Rex, Roxy Music ou autres légendes du style David Bowie. Pourtant, le duo formé en 1970 par les frères Mael (Russell au chant et Ron aux claviers) demeure l’une des voix les plus originales, intéressantes et persistantes du glam rock.

Contrairement à la plupart de leurs homologues stylistiques, les Sparks sont américains, de Los Angeles plus précisément. Tout au long d’une carrière de presque quarante ans, ils ont enregistré plus de vingt albums studio tout en influençant durablement autant de groupes que de genres différents : tout un exploit pour une formation qui a toujours travaillé au sein de l’underground et de l’avant-garde. Initialement passionnés par le rock anglais sixties, les Sparks adoptent ensuite un son glam qui ne les quittera jamais totalement, même lors des expérimentations plus électroniques des années 1980. Impossible de les écouter sans être frappé par la voix étincelante de Russell Mael, vertigineuse dans les aigus, délicatement maniérée, à nulle autre pareille. En comparaison, son frère Ron se distingue par une attitude sérieuse et stoïque (mais tout aussi théâtrale), assortie d’une petite moustache à la Hitler. Tout comme leur musique, l’approche visuelle des Sparks se définit par une recherche esthétique constante… additionnée de beaucoup d’humour. Il suffit de contempler leurs pochettes d’albums, où le duo apparaît régulièrement sous forme de couple plus ou moins loufoque, pour s’en convaincre. Avec son allure androgyne, Russell Mael ne semble craindre aucun déguisement !

Immigrés en Angleterre en 1973, les Sparks y produisent Kimono my house (1974). Cet album leur vaut un véritable succès populaire lorsque l’incroyable This Town Ain’t Big Enough For The Both Of Us se hisse contre toute attente jusqu’à la deuxième place du palmarès brittanique. Devenue depuis un classique, cette chanson est caractéristique de l’incandescence pop des Sparks : instrumentation luxuriante, paroles ironiques, prouesses vocales et singularité quasi expérimentale. La méconnue Lost And Found, véritable perle glam, est quant à elle le B-side d’Amateur Hour, autre single issu du même album : une rareté à découvrir. Enfin, pour terminer, nous vous présentons l’une des nombreuses collaborations du groupe, celle-ci avec les Rita Mitsouko. En 1988, le duo français enregistre l’un des ses albums les plus pointus, Marc et Robert, incluant deux titres où le mariage des voix de Russell Mael et Catherine Ringer fait merveille. En lieu et place du succès Singin’ In The Shower, nous avons décidé de vous présenter aujourd’hui la plus obscure Live In Las Vegas : un choix sophistiqué qui fait honneur à la démarche artistique inédite des Sparks.