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Le continent noir de Wall Of Voodoo

December 1st, 2008

Zoé Starchild

wall-o1La new wave a parfois engendré de bien étranges enfants… La perception de l’œuvre de Wall Of Voodoo se limite ainsi généralement à la célèbre Mexican Radio, chanson à succès qui apparait régulièrement sur les compilations dédiées aux années 1980. Contrairement à la grande majorité des artistes new wave de l’époque, les membres de Wall Of Voodoo ne sont pas britanniques mais bien américains. Leur carrière fut courte et particulièrement chaotique, marquée par les problèmes relationnels et l’abus de substances illicites. De ce fait la musique, particulièrement éclectique et à mille lieues de la pop commerciale, ne quitta jamais réellement les milieux de l’underground… pour le plus grand bonheur des amateurs de curiosités dont nous faisons évidemment partie.

Fondé à Los Angeles à la toute fin des années 1970, le groupe lança un premier EP en 1980, enregistrement éponyme remarqué pour son cover iconoclaste du fameux Ring of Fire de Johnny Cash. Sous la plume de Wall Of Voodoo, ce standard du country se transformait en effet en une mélopée gothique et atmosphérique, noyée sous une pluie glacée de synthétiseurs lugubres et surplombée par la voix sépulcrale du chanteur Stan Ridgway.

Le premier album complet du groupe, le bien nommé Dark Continent, vit le jour l’année suivante. Écouter ce disque aujourd’hui, c’est redécouvrir une new wave qui n’a pas vieilli d’une ride. Débarrassé de tous les oripeaux ringards qui, si souvent, font sonner les enregistrements de cette époque comme horriblement datés, le son de Wall Of Voodoo se révèle tout particulier, fondamentalement audacieux et original. Malgré la présence indéniable de composantes classiques de la new wave telles qu’une basse hypnotique ou une batterie robotiquement rythmée, cette musique possède un je-ne-sais-quoi d’étrange et d’iconoclaste. L’utilisation expressive des possibilités du synthétiseur force l’admiration, tout comme la théâtralité extrême de l’instrumentation et du traitement de la voix, toujours résolument du côté dark.

Après la parution de leur deuxième album Call of the West (1983), qui incluait leur plus grand succès radiophonique Mexican Radio, le groupe alterna séparations et enregistrements impromptus qui ne trouvèrent jamais réellement leur public. Pour l’amateur d’aujourd’hui, l’exhumation de la musique Wall Of Voodoo constitue un plaisir étrange et particulièrement enthousiasmant. En voici donc une petite sélection, principalement tirée de l’excellent Dark Continent.