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Un Cold War Nightlife en janvier

Le froid mois de janvier vous apportera ce dimanche une autre édition de nos soirées Cold War Nightlife ! Toujours en compagnie de Xavier Paradis, nous vous attendons au Salon Officiel dès 22h pour une nuit dédiée au son glacé et sophistiqué qui constitue notre signature.

En guise d’appât ce mois-ci, nous avons le plaisir de vous présenter une toute nouvelle compilation fraîchement concoctée par l’étiquette Minimal Wave en collaboration avec Stones Throw Records. Disponible dès le 26 janvier, The Minimal Wave Tapes nous propose une première anthologie des parutions antérieures de la maison fondée à New York par Veronica Vasicka. Spécialisée depuis 2005 dans la réédition et le remastering de musique cold wave obscure et confidentielle, Minimal Wave nous offre ici une de leurs premières parutions disponibles sur CD en plus de leur habituel format vinyle : nous y voyons une certaine tentative de popularisation d’un matériel généralement difficile d’accès. Les habitués du label et autres connaisseurs n’y trouveront ainsi pas de grandes surprises, plusieurs chansons ayant déjà figuré sur d’autres compilations comme Bippp : French synth wave 1979/1985 ou The Lost Tapes, une collection antérieure de Minimal Wave même, aujourd’hui épuisée.

Bien qu’un peu inégale, The Minimal Wave Tapes constitue une bonne initiation au genre avec quelques bons coups. Just Because du Français Martin Dupont est sûrement l’une des pistes qui se démarquent le plus : ses entrelacs de lignes mélodiques sombres et étranges alliées à un rythme hypnotique en ont déjà fait un des classiques de Cold War Nightlife. Sinon, en dehors de The Cabinet de Das Kabinette (déjà mentionnée dans un post précédent), les deux chansons qui retiennent particulièrement notre attention sont Reassurance Ritual des Hollandais Das Ding et Blurred des Britanniques Turquoise Days. La première, instrumentale, avec son son synthpop, peut aisément faire penser à la production actuelle de Tobias Bernstrup, alors que la deuxième possède un son joyeux rappelant le Depeche Mode de la période Speak & Spell.

Cold War Night­life
Di­manche 24 janvier à par­tir de 22h au Salon Of­fi­ciel (351 Roy E. à Mont­réal).
Aux pla­tines : DJ Star­child, DJ Trans­mis­sion + Xa­vier Pa­ra­dis (Au­to­me­lo­di).

 
 Martin - Dupont - Just Because [5:01m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Das Ding - Reassurance Ritual [3:44m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Turquoise Days - Blurred [3:26m]: Play Now | Play in Popup | Download

Le bonheur selon Stahlnetz

Vous cherchiez un remède à la grisaille hivernale ? Vous le trouverez avec la musique du groupe allemand Stahlnetz, une découverte récente. Sur leur unique album de 1982 intitulé Wir sind glücklich (“Nous sommes heureux”), le groupe allemand nous offre en effet une collection de chansons pop synthétiques plus joyeuses les unes que les autres. Au sein de la fameuse Neue Deutsche Welle dont se réclament tant d’artistes, Stahlnetz se distingue des courants plus radicaux d’héritage punk pour embrasser un style plus désinvolte et léger qu’ont aussi défendu des artistes comme Falco, Peter Schilling ou Nena.

Bien que très accrocheur et distribué par une étiquette importante, le disque n’a étonnamment pas eu un grand retentissement à l’époque, ce qui n’empêcherait pas le vinyle de figurer aujourd’hui parmi la liste des plus recherchés (selon Square Dancing). La musique de Stahlnetz ne révolutionne certes pas grand-chose mais elle possède une énergie et une bonne humeur communicatives. Que ce soit avec Der Seeman und Die Stewardess, une très jolie chanson menée par une ligne mélodique irrésistible, ou avec la bien nommée Romantisch, le duo nous parle d’amour et nous fait danser avec le sourire. Quant à Schwarzes Gold, si ses bruitages burlesques à la Telex qu’on retrouve après 2:48 ne vous amusent pas, nous déclinons toute responsabilité !

 
 Stahlnetz - Der Seeman und die Stewardess [3:49m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Stahlnetz - Romantisch [3:26m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Stahlnetz - Schwarzes Gold [3:42m]: Play Now | Play in Popup | Download

Montréal 1978

Restons dans notre chère ville tout en remontant un peu dans le temps avec un petit portrait de figure aussi importante qu’aujourd’hui confidentielle : j’ai l’honneur de nommer Lewis Furey, chanteur, compositeur, multi-instrumentiste, metteur en scène, acteur et pygmalion essentiel au Montréal bilingue joyeusement créatif des années 1970. Outcast intello raffiné au sein d’une époque militante, Furey peut se targuer de récolter trente ans plus tard la rançon de sa gloire. Ses enregistrements, quasi introuvables, excentriques au possible, n’ont pas pris une ride : singuliers et extravagants ils étaient, singuliers et extravagants ils demeurent.

Né en 1949, Furey est tout d’abord un petit prodige du violon, qui se produit avec l’Orchestre Symphonique de Montréal à l’âge de onze ans. Après des études classiques, il se tourne vers la musique pop en 1974. Suivront trois albums solo : Lewis Furey (1974), The Humours Of Lewis Furey (1976) et The Sky Is Falling (1978). Ces disques, qui tournent autant au Québec que de l’autre côté de l’Atlantique, lui valent bientôt  une pléthore de fans français qui se réjouissent encore régulièrement sur le Net. Malheureusement pour eux et pour nous, ces albums seront les derniers, Furey se tournant rapidement vers la musique de films et la mise en scène. Cette nouvelle carrière cinématographique se révèlera cependant plutôt houleuse. Fantastica (1980) de Gilles Carle – comme acteur -  et Night Magic (1985) – comme réalisateur – sont deux exemples d’Å“uvres ambitieuses mais manquées, malgré les luxueuses musiques cabaret-burlesque de Furey. Le metteur en scène sera plus inspiré au théâtre en signant l’une des plus éclatantes moutures du classique opéra rock Starmania en 1993-1994.

The Sky Is Falling est le seul album solo de Lewis Furey que nous possédons en version CD. Cette magnifique Å“uvre théâtrale possède indéniablement une certaine décadence propre à son époque. Immédiatement, l’auditeur sera frappé par l’opulence des arrangements : instrumentation symphonique, chÅ“urs de haute voltige, voix affectée à la Bowie/Lou Reed, et paroles sexuellement chargées. Cette ostentation, héritée sans nulle doute de l’éducation classique du créateur, confère à de petites ritournelles pop une somptuosité surprenante. Conçus comme de petits opéras de poche, les trois titres que nous vous proposons sont de bons exemples du talent protéiforme de Lewis Furey : une preuve de plus que la véritable richesse bizarroïde, contrairement au conformisme hype, vieillit comme le bon vin.

 
 Lewis Furey - Jacky Paradise [3:17m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Lewis Furey - Waiting On You [2:56m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Lewis Furey - Desire Machine [3:31m]: Play Now | Play in Popup | Download

Poussière d’étoiles

Xeno & Oaklander – dont nous vous avons parlé il y a quelques jours – ne sont pas les seuls new-yorkais de la famille Wierd à faire parler d’eux cet automne. Le trio Led Er Est, qui s’était comme eux distingué en dispersant quelques pistes envoûtantes sur des compilations récentes, nous propose un premier album intitulé Dust On Common.

Les deux formations partagent évidemment une passion pour les drum machines analogues, les nappes de sons synthétiques et les voix ténébreuses abusant parfois un peu d’écho. Mais là où la musique de Xeno & Oaklander était – malgré ses zones d’ombre – plus pop et mélodique, celle de Led Er Est s’inscrit dans une tendance nettement plus gothique. Les références abondent à des groupes fondamentaux de la première époque comme Bauhaus ou P.I.L. (on pense à la chanson d’ouverture Bikini Fun), de même que The Cure, dont la période 17 Seconds / Faith a clairement influencé des titres comme Destination Sanity ou I Wait For You – le côté électronique en plus.

Musicalement sinon, en dehors de la surprenante Something For The Children et sa composition bruitiste, les enchaînements harmoniques et les mélodies de Led Er Est ne s’éloignent pas trop des canons du genre, se cantonnant dans l’utilisation de divers modes entendus à tendance phrygienne. Cela n’empêche pas le groupe de nous offrir des hits qui compensent en efficacité ce qu’ils manquent peut-être en originalité : l’ensemble du disque est d’une grande qualité, Port Isabel et The Unkept Area en particulier étant aussi hautement énergiques l’une que l’autre et toutes deux fort appropriées pour les pistes de danse près de chez vous. Nous vous offrons les deux titres en écoute et vous invitons à visiter le site de Wierd Records pour plus d’informations.

 
 Led Er Est - Port Isabel [4:12m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Led Er Est - The Unkept Area [3:05m]: Play Now | Play in Popup | Download

Minimalisme à deux

Terminons l’année 2009 avec une nouvelle parution tout fraîchement issue des toujours intrigantes presses de Wierd Records (NYC) : après quelques collaborations et apparitions sur diverses compilations, le duo new-yorkais Xeno & Oaklander nous offre enfin depuis novembre un premier album intitulé Sentinelle. Sean McBride, maître à penser de la nouvelle vague minimal synth new-yorkaise avec son projet Martial Canterel, travaille ici en couple avec Liz Wendelbo pour nous offrir un joli disque qui ne surprendra point les adeptes de son travail antérieur.

N’employant toujours qu’un équipement musical analogue ayant fait les beaux jours des groupes cold-wave au début des années 1980 – et lui conférant un son distinctif -, McBride tisse des ambiances musicales empreintes d’étrangeté. La musique de Xeno & Oaklander est toutefois ici moins froide, moins incisive que son travail en solo, et fortement teintée de romantisme : un peu moins de Absolute Body Control dans la recette peut-être, et un peu plus de Oppenheimer Analysis. Les nombreuses influences du projet sont d’ailleurs très présentes et incluent quelques passages obligés du genre, tels les interludes musicaux abstraits (Move I) ou les sombres pistes atmosphériques (Another). La grande qualité et l’originalité de l’écriture mélodique de McBride empêchent toutefois leurs titres plus pop de sombrer dans le cliché : la chanson titre Sentinelle, Shadow World, ou encore 4th Wall sont de véritables trouvailles, de même que Toho Picture, une jolie piste instrumentale – une des plus belles réalisations du disque à notre avis. Nous vous joignons deux pistes à titre d’illustration, et vous invitons à vous procurer l’album si vous aimez : bonne écoute et bonne année !

 
 Xeno & Oaklander - Sentinelle [3:17m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Xeno & Oaklander - Toho Picture [3:18m]: Play Now | Play in Popup | Download

Blackout fête Noël

Les Fêtes 2009 seront rock ou ne seront pas, vous promet-on avec notre soirée Cold War Nightlife qui se tiendra ce dimanche 27 décembre ! Comme d’habitude, attendez-vous à une ambiance musicale de choix avec notre mélange traditionnel de cold wave, post-punk et glam rock, avec quelques concessions ici et là à l’esprit des Fêtes. Profitons-en pour vous souhaiter un joyeux Noël en musique, gracieuseté de BlackoutMusique.com.

De notre grand dandy préféré de la chanson française sixties, Jacques Dutronc, nous avons tout d’abord un titre absurde et rigolo avec La Fille du Père Noël. Comme à son habitude, le chanteur aligne les rimes loufoques et un esprit irrévérencieux caractéristiques, servis par un rythm’n'blues chaloupé, langoureux comme il se doit.

Une dizaine d’années plus tard, les Sparks nous gratifient d’une autre épopée lyrique dont ils ont le secret. Thank God It’s Not Christmas – tirée encore une fois de leur classique Kimono My House (1974) – permet à Russell Mael d’aligner une fois de plus des notes quasi-impossibles. Glam rock progressif et symphonique avec  multiples changements de tempo au rendez-vous.

Le punk français des années 1980 et sans contredit celui de Bérurier Noir. Le groupe nous le confirme sur son EP de 1985, Joyeux merdier, qui contient les célèbres Vive le feu et Salut à toi, mais aussi une curiosité comme La Mère Noël. Dans un esprit joyeusement révolutionnaire, on nous propose ici de la “faire cuire dans la cheminée” au son de boîtes à rythmes et guitares distortionnées.

Terminons sur une note encore plus légère si possible avec une rareté d’un des plus grands pourvoyeurs de bruitages synthétiques hilarants, Telex. Le groupe new wave français nous offre Cloches et sifflets, un b-side obscur qui, s’il ne traite pas explicitement de Noël, en représente parfaitement l’esprit festif, instrumentation scintillante à l’appui. Bonne et joyeuse écoute !

Cold War Nightlife
Dimanche 27 décembre à partir de 21h30 au Salon Officiel (351 Roy E. à Montréal).
Aux platines : DJ Starchild, DJ Transmission + Xavier Paradis (Automelodi).

 
 Jacques Dutronc - La Fille du Père Noël [2:37m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Sparks - Thank God It's Not Christmas [5:08m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Bérurier Noir - La Mère Noël [3:16m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Telex - Cloches et sifflets [3:02m]: Play Now | Play in Popup | Download

Lost in Space

Profitons du froid mois de décembre pour exhumer de nos tiroirs brit-pop une très joyeuse formation, Space. Le son du groupe anglais, actif de 1993 à 2005, n’a jamais réellement réussi à traverser l’Atlantique… what a shame ! Car aux côtés des Supergrass, Blur et autres Super Furry Animals (autres combos britanniques de la même période ayant connu passablement plus de succès), Space remporte assurément la palme du plus loufoque, et presque sûrement celle du plus sympathique. De leurs trois albums studio, nous avons le plaisir d’en posséder deux : Spiders (1996) et Tin Planet (1998) – l’ultime Suburban Rock’n'roll (2004), échec sans appel, étant nettement moins fascinant. Comme leurs dates de sorties le prouvent bien, ces disques ont fait les beaux jours de la “grande” époque du brit-pop. Ils s’y rapportent évidemment, mais s’en éloignent peut-être encore davantage par l’avalanche pléthorique des influences musicales proposées.

Tout d’abord, le chanteur et guitariste Tommy Scott fera éclater à vos oreilles ébahies l’une des voix les plus méchamment british jamais endisquées : cet accent des bas-fonds de quelque quartier obscur pourra même vous rappeller ça et là les meilleurs élans de Johnny Rotten. Le registre musical, quant à lui, s’étend du brit pop mignon à un son totalement échevelé à tendance glam, en passant par des morceaux punk gentil mais toujours théâtraux. Ajoutez à la recette certaines expérimentations électro-rave (!) et un attachement évident pour l’intensité langoureuse des crooners les plus dégoulinants, et vous obtiendrez un cocktail détonnant façon soundtrack kitsch. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce patchwork rétro fonctionne à cent à l’heure et établit sans conteste Space comme l’un de nos feel-good-groups favoris. Découverte et attachement garantis avec trois (très) petits exemples de ce que ces énièmes excentriques anglais vous proposent : redoutables élans symphoniques de Me And You Vs The World, humour déjanté de Kill Me et romantisme “franksinatresque” de The Unluckiest Man In The World.

 
 Space - Me And You Vs The World [3:37m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Space - Kill Me [3:32m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Space - The Unluckiest Man In The World [3:25m]: Play Now | Play in Popup | Download

Sucrés synthés suédois

ET002_cvr_300Nous vous parlions récemment de Tobias Bernstrup, dernier avatar en date de la longue lignée des chantres suédois de la pop synthétique: une tradition qui, comme nous le mentionnions il y a presque un an à propos de Melody Club, semble remonter aux beaux jours du disco. L’artiste est édité sur le même label qu’Agent Side Grinder, Enfant Terrible, charmant pourvoyeur de primeurs pour ce blogue. Son nouveau EP s’intitule 1984 et comporte quatre titres, dont la déjà connue Enemies Of The Earth dans une version plus lente. Quatre titres, quatre modèles du genre : aussi sucrée que votre taux de diabète le permet, la musique de Bernstrup incarne le rêve parfait de tous les dancefloors de ce monde. Impossible de résister à ces beats terrifiants d’efficacité, catégorie plaisirs coupables.

Vous vous ennuyiez de la “power new wave” du début des années 1980 et de ses chanteurs aux voix cristallines ? Nous trouverez en Tobias Bernstrup le digne héritier des Marian Gold (Alphaville) et autres Morten Harket (A-Ha). Ces vocalistes venus du froid partagent un même sens de la mélodie et un même amour des effets, disons… “expressifs”. Ruptures rythmiques, chÅ“urs féminins enflammés et cascades de notes synthétiques parsèment en effet 1984 pour la plus grande joie de ceux osant proclamer leur amour pour un certain eurotrash de qualité. “Klaus Nomi des années 2000″ selon son label, Bernstrup puise ainsi avec plaisir dans les plates-bandes du dance des trente dernières années, nettement pour le meilleur. En voici deux exemples (en écoute seulement) : 1984 bien entendu, et la bien nommée Data Love. Jouissance assurée pour les amateurs.

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Tobias Bernstrup – 1984 [3:52m]

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Tobias Bernstrup – Data Love [3:39m]

Grinders & Tapes

enfant15_fr_300Après être tombés par hasard cet automne sur deux vidéos promotionnelles disponibles sur YouTube, nous fûmes  immédiatement conquis par le son du groupe suédois Agent Side Grinder : un mélange de post-punk à tendance gothique et d’expérimentations électroniques.  Enfant Terrible, leur maison de disques basée en Hollande, nous a obligeamment fait parvenir une copie de leur plus récentes parutions. Après l’avoir écouté durant ces derniers jours, nous ne pouvons que vous confirmer notre première impression et saluer le talent du quatuor et la qualité de Irish Recording Tape. Ce premier album, qui fait suite à un 7″ éponyme paru en 2006, n’est d’ailleurs qu’un des deux disques que nous propose la formation ce mois-ci, laissant libre cours à ses instincts expérimentaux et progressifs sur The Transatlantic Tape Project.

Bien que musicalement intéressant et intriguant, ce dernier n’a pourtant pas la puissance et l’énergie concentrée des pistes de Irish Recording Tape. Les membres fondateurs Peter Fristedt et Johan Lange manipulent ici leurs vieux équipements analogiques avec doigté pour produire des ambiances sonores industrielles à base de bruits enregistrés et ré-enregistrés en boucle sur des bandes (tape loops) : une approche dont le charme ne s’est jamais démenti depuis les expérimentations de Pierre Schaffer au début des années 1950. À ces ambiances hypnotiques et minimalistes vient s’ajouter la basse électrique de Alexander Blomqvist, donnant à la musique une énergie “live” à travers des lignes héritées de Joy Division ou du premier Bauhaus. Le résultat, où se mêle une voix d’outre-tombe (gracieuseté de Kristoffer Grip) est fascinant. On oscille entre des titres plus accessibles comme Die To Live ou la très New Order-esque Life In Advance, et des pistes plus radicales comme Pulse ou Telefunk, d’une lenteur obsédante.

Nous vous offrons donc ici deux titres pour découvrir Agent Side Grinder, en écoute seulement à la demande d’Enfant Terrible. L’album, offert en vinyle uniquement, peut être acheté en ligne pour la modique somme de 16 euros : pour une édition limitée à 517 ( ? ) copies d’un disque d’une rare qualité, c’est une aubaine.

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Agent Side Grinder – Die To Live  [5:10m]

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Agent Side Grinder – Pulse  [3:22m]

Cold War Nightlife : In memoriam Jacno

ColdWarFlyer07bCold War Nightlife tiendra sa septième édition ce dimanche 22 novembre, toujours au Salon Officiel. Malheureusement pas de lundi férié cette fois-ci, mais un événement spécial tout de même: nous rendons un hommage particulier à l’un des “habitués” de la playlist de la soirée, à savoir le grand Jacno. Pilier incontournable de la new wave/électropop française, le musicien-chanteur-producteur est en effet prématurément disparu le 6 novembre dernier, à seulement 52 ans.

De son vrai nom Denis Quilliard, le “jeune homme moderne”, tout d’abord dandy-punk avec les Stinky Toys, propage les joies du synthé dès 1979 avec son fameux Rectangle. Un instrumental sautillant et imparable, un immense succès commercial aussi, boosté par la mignonne pub Nesquick. Le premier album solo contient également Cercle, Triangle et Losange : on ne se refait pas ! La suite, c’est celle d’Elli & Jacno, le duo formé avec la fiancée so eighties. Le couple propose plusieurs titres accrocheurs qui combinent la froideur des synthétiseurs et la chaleur de textes légers comme du champagne. La décennie 1980 voit également Jacno produire et écrire pour plusieurs incontournables : Lio, Daniel Darc (chanteur de Taxi Girl) et Étienne Daho. Ainsi traverse-t-il toute une certaine scène française et une certaine époque aussi, qui lui collera toujours un peu à la peau malgré une carrière qui ne s’est éteinte qu’avec lui.

JacnoEn musique, voici donc les inévitables Rectangle et Main dans la main, assortis de la plus confidentielle Les Objets, tirée de French Paradoxe (2002), une chanson qui ferait presque passer Philippe Katerine pour un vilain copieur !

Cold War Nightlife
Dimanche 22 novembre à partir de 21h30 au Salon Officiel (351 Roy E.  à Montréal).
Aux platines : DJ Starchild, DJ Transmission + Xavier Paradis (Automelodi).

 
 Jacno - Rectangle [3:40m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Elli & Jacno - Main dans la main [3:39m]: Play Now | Play in Popup | Download

 
 Jacno - Les Objets [4:13m]: Play Now | Play in Popup | Download